OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les mauvais chiffres du premier tour http://owni.fr/2012/04/22/les-gamelles-chiffrees-du-premier-tour/ http://owni.fr/2012/04/22/les-gamelles-chiffrees-du-premier-tour/#comments Sun, 22 Apr 2012 18:38:06 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=107408 OWNI en partenariat avec i>TÉLÉ. ]]>

Lancé en partenariat avec i>TÉLÉ pour vérifier les déclarations chiffrées des six principaux candidats à l’élection présidentielle, le Véritomètre a vu voltiger des centaines statistiques en deux mois de factchecking. Après ce premier tour, nous vous livrons un condensé des plus grosses erreurs des prétendants à l’Élysée, rangées par type de bourdes. Un panorama synthétique des libertés prises avec les statistiques officielles au travers duquel perce, peut-être, une certaine vision des Français et du genre de pilule que les équipes de campagne veulent leur faire avaler. Expliquant, peut-être, les surprises des résultats du suffrage de ce dimanche.

L’arrondi qui tue

Parmi les reproches les plus courants que nous ont adressés les membres des équipes de campagne des candidats, il y a la question des arrondis : selon eux, nous étions “trop sévères” avec les pauvres politiques essayant par un gros chiffre qui tombe juste de faire la démonstration que la France va mal. Une remarque étonnante, surtout venant d’un candidat comme François Bayou, lequel a fait du “discours de vérité” le point d’orgue de sa communication politique. Champion du redressement des finances publiques, c’est pourtant le même candidat du Modem qui sous-estimait de 8,7% le budget de l’Etat un matin sur Europe 1 :

L’argent que dépense l’État, les collectivités locales et la Sécu, c’est 1000 milliards, 1000 fois 1000 millions par an.

L’estimation était révisée à la hausse de 5% par le même candidat, trois semaines plus tard sur RTL cette fois-ci :

La France dépense un peu plus de 1000 milliards de dépenses publiques par an, mettons 1050 milliards.

Le vrai chiffre est encore 44 milliards au dessus : 1094 milliards d’euros en 2011 selon l’Insee. Cet arrondi serait, nous a-t-on assuré dans l’entourage du candidat, “au service d’une démonstration”. Mais pourquoi, alors, François Bayrou reproche-t-il quelques dizaines de milliards de surcoût dans le programme d’un de ses concurrents quand lui-même en oublie une centaine ?

À ce petit jeu, le président sortant lui-même a fait très fort puisque la première mesure de sa campagne, présentée en direct sur TF1 le 15 février, s’appuyait, elle-aussi, sur un chiffre incorrect mais bien rond :

Aujourd’hui, il y a seulement 10 % des chômeurs qui sont en formation.

Pointilleuse, notre équipe de data-journalists s’est penchée sur les derniers chiffres disponibles du ministère du Travail : vieux de 2009, ils indiquaient seulement 8% de demandeurs d’emplois en formation, soit 20% de moins qu’annoncés par le chef de l’État. Un arrondi, nous ont reproché de nombreux internautes, trouvant ce “0% de crédibilité” injuste pour “2%” de plus. Pourtant, ces deux points de chômeurs en formation représentent la modeste foule de 140 000 et quelques demandeurs d’emplois non inscrits à des formations, soit l’équivalent de l’agglomération de Clermont-Ferrand.

Derrière des arguments de forme, selon lesquels il serait trop long de donner “le chiffre complet”, se cache plus souvent le désir d’un “bon chiffre”, frappant l’esprit au détour d’une phrase et facile à mémoriser.

Question d’échelle

Mais il n’y a pas que dans les chiffres que la recherche du raccourci fait des ravages. À cause d’une mauvaise documentation, les candidats ont parfois énoncé des énormités y compris sur leur propre domaine d’expertise. Par exemple, ce n’est pas sur l’immigration ou la sécurité qu’Eva Joly nous a offert sur Canal + son plus gros écart, mais sur le logement, un des points phares de son programme :

Il y a 2 millions de logements vacants en région parisienne.

Le chiffre officiel le plus récent que nous ayons trouvé fait en réalité état de… 329 000 logements vides en Île-de-France ! Il existe bien deux millions de logements vides, mais dans toute la France.

De son côté, le candidat de l’UMP s’avançant sur le terrain des énergies vertes a de beaucoup surestimé les investissements dans la filière renouvelable lors de la conférence de presse de présentation de son programme :

Vous dites qu’on a bien du mal à affecter le chantier éolien. Ah bon ? Le chantier éolien c’est 12 milliards d’euros.

Avec un tel budget, les rotors auraient remplacé les réacteurs nucléaires sur les côtes normandes. Sauf que, s’il y a bien 12 milliards d’euros d’investis dans l’énergie éolienne, ce n’est pas en France, mais dans toute l’Europe ! Et le chiffre ne vient pas d’un obscur think tank mais du ministère de l’Écologie lui-même (lequel sous estimerait légèrement l’effort financier, selon le groupement des industriels européens du secteur). En réalité, c’est plutôt 1,2 milliard d’euros qui auraient été injectés par la France dans l’éolien, là où l’intégralité des investissements n’ont atteint depuis la première éolienne en 1991 que 7,164 milliards.

Derrière ces énormités, le raccourci semble évident : un gros chiffre trouvé au détour d’un rapport, mettant en valeur un atout ou une faiblesse structurelle. Las, pas le temps dans une interview ou un discours de finasser.

Sauf que ce sont généralement dans des sujets de niche que les terminologies sont les plus importantes : quand François Bayrou prétend qu’il ne subsiste que 100 000 emplois dans la “filière textile” dans Des paroles et des actes avant de parler du “sportswear”, il ne semble pas savoir que l’on ne parle de “textile” que pour les métiers de préparation du tissu et que “l’habillement” est, au sein des instances représentatives de ces industries, compté totalement à part. Et que, loin de ces 100 000 salariés, ils n’étaient déjà plus que 70 527 à travailler à la préparation des tissus en France en 2010.

Des chômeurs toujours prêts à rendre service

Mais les candidats font souvent mine de ne pas comprendre un sujet bien moins pointu et étroit que l’industrie des tissus : les questions d’emploi. Alors que le chômage est l’une des principales préoccupations des Français et qu’il constitue un sujet de débats permanents entre le sortant et les prétendants, aucun des candidats n’a pris le temps de décrire les différentes catégories de demandeurs d’emplois, à la notable exception de François Bayrou qui évoquait à Perpignan :

Un pays qui a presque 5 millions de chômeurs à temps complet ou à temps partiel.

À d’autres reprises, le candidat du Modem et ses concurrents n’ont pas eu ce soucis de précision. Entre les cinq catégories de demandeurs d’emplois, désignées par les lettres A à E (A, désignant les personnes sans aucune activité, B et C avec une activité partielle et D et E, ceux n’étant pas inscrit au début ou à la fin du mois à Pôle emploi), il leur est arrivé même de jongler dans une même intervention ! Sur TF1, le 27 février, François Hollande tire ainsi un bilan quelque peu réducteur du chômage :

dans une période de chômage, telle que nous la connaissons, trois millions de chômeurs

Par “bonne foi”, l’équipe des vérificateurs d’OWNI a considéré qu’il fallait vérifier une déclaration en supposant que le candidat se rangeait à la définition du chômage la plus proche du chiffre avancé, en l’occurrence, de la catégorie A des chômeurs à temps plein qu’il surestimait d’un peu moins de 5%… mais cinq minutes plus tard, il change de définition pour critiquer le bilan du président sortant :

Avoir eu pendant le dernier quinquennat un million de chômeurs supplémentaires, c’est un échec.

Y avait-il seulement deux millions de chômeurs sans activité en 2007 ? On en est loin : selon la Direction des études statistiques du ministère du Travail (Dares), l’augmentation n’a pas dépassé les 750 000. En revanche, ce chiffre est bien atteint pour une autre définition du chômage (catégorie A, B et C).

De l’Outre-Mer à l’oubli

Les chiffres officiels du chômage contiennent en eux-même un biais considérable : ils écartent purement et simplement les départements d’Outre-Mer ! Les chiffres de la Dares pour février 2012 recensent ainsi 4 278 600 demandeurs d’emplois de catégorie A, B et C en métropole. Mais ils sont 4,47 millions en comptant les chômeurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion, soit près de 270 000 de personnes ignorées par la statistique de référence !

Dans la dernière île seulement, le Pôle emploi recense 20 200 inscrits, soit plus que dans toute la région Poitou-Charentes pour une population de 60% inférieure. Épisode pittoresque par excellence des tours de France des candidats, le passage par les départements ultra-marins (notamment les Antilles) ne laisse généralement que peu de souvenirs dans les chiffres évoqués en métropole. Loin des yeux, loin du coeur, deux mois après avoir rendu visite aux Français des Caraïbes, François Hollande les oubliait déjà pour flatter les jeunes réunis autour de lui à Bondy pour son discours du 16 mars :

La Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune de France.

Entre l’Atlantique et la Méditerranée, l’Insee donne raison au candidat socialiste : avec 440 865 habitants de moins de 20 ans en 2010 sur 1,527 million d’habitants, la Seine-Saint-Denis détient le taux record de 28,86% de jeunes. Mais seulement en métropole. Car, un océan plus loin, tous les territoires français affichent une population plus jeune encore : 29,5% de moins de 20 ans en Guadeloupe, 34% à la Réunion et, record de la France entière, 44,4% pour la Guyane. Un record auquel s’ajoute un taux de chômage de 45,1% chez les jeunes de moins de 24 ans. Une performance rarement évoquée dans les discours.

L’ivresse des records

Pour jouer aux réformateurs, en revanche, les candidats, et notamment le président sortant, stigmatisent à tout va la France comme le pays dernier de la classe, y compris en direct dans l’émission Parole de candidat face à quelques millions de téléspectateurs :

La France est le seul pays au monde où lorsqu’il y a une crise, le prix de l’immobilier augmente.

L’effet escompté est évidemment de dénoncer un archaïsme honteux ou bien un système grippé que tous les régimes précédents auraient protégé jusqu’à ce jour et que l’impétrant compte bien renverser une fois au pouvoir (quand bien même il l’est déjà). Sauf que, le monde est vaste et il y a toujours un pays pour écorner la démonstration : dans le cas de l’immobilier, il a suffi aux vérificateurs du Véritomètre de passer en revue les États européens pour en trouver trois – Suède, Finlande et Norvège – où les prix de l’immobilier avaient également augmenté ces quatre dernières années.

En dehors de la sortie de Marine Le Pen, correcte à Nice quand elle déclare que le taux de syndicalisation français est “le plus bas du monde occidental”, rares sont les tirades de ce genre qui résistent à la vérification. Spécialiste des classements en tout genre (des forêts jusqu’aux salles de classe), François Bayrou a bien essayé pour interpeller son auditoire d’exagérer la situation française :

Nous sommes le seul pays dans notre situation en Europe (…) qui soit devant un épouvantable déficit du commerce extérieur.

C’était sans compter les bases de données d’Eurostat, lesquelles nous ont appris qu’il y avait bien pire que nous. Et, cette fois-ci, nul besoin d’aller chercher en Pologne ou dans les pays scandinaves pour savoir qui surclasse Paris en matière de déficit commercial : avec 117,4 milliards d’euros de déficit commercial en 2011, c’est la Grande-Bretagne qui arrive première en UE, avec près de 50% de dépendance économique extérieure de plus que la France.

En dehors de l’efficacité de la formule, permettant d’assurer que “la France s’est mieux sortie de la crise que quiconque” et autres superlatifs, ce type de comparaison excessive a l’avantage de frapper l’esprit d’une formule sans obliger le candidat à avancer un chiffre ou à détailler les raisons expliquant un retard.

Maths

À l’extrême opposé de ces “chiffres chocs”, il arrive que le citoyen spectateur d’un meeting ou d’une interview se voit infligé une interminable démonstration bourrée de chiffres censée révéler une vérité cachée à grands coups de maths. En la matière, le champion toutes catégories reste François Bayrou, lequel s’est à plusieurs reprises (Angers, Besançon, Parole de candidat…) autoproclamé “président, trésorier et fondateur de l’association pour la défense du calcul mental”. Sa plus célèbre démonstration, restée gravée dans la mémoire de nos journalistes de données, reste la comparaison entre les voitures produites sur le territoire français par Renault et celles fabriquées en Allemagne par Volkswagen :

Je suis très frappé par ces chiffres-là : en 2005 toujours, Volkswagen produit en Allemagne 1 200 000 véhicules par an et, au même moment, Renault produit en France 1 200 000 véhicules par an, le même chiffre. Cette année, sept ans après, Volkswagen va produire en Allemagne 2 200 000 véhicules, presque le double, et chez nous Renault va produire en France 440 000 véhicules, trois fois moins que ce qu’il produisait en 2005.

À la sortie de ce tunnel, ceux qui auront réussi à suivre l’enchaînement des chiffres (malgré le débit plutôt modéré du candidat du Modem) auront saisi la question sous-jacente : pourquoi Renault produit moins sur son territoire alors que l’Allemagne produit plus ? Sauf que, dans le détail, tous les chiffres évoqués ici sont incorrects. Selon les sources officielles : en 2005, déjà, la marque allemande affichait 40% de production en plus sur son territoire que le leader français (1,913 millions de véhicules produits côté Volkswagen contre 1,318 millions chez Renault). Quant aux derniers chiffres, s’ils “renforcent le constat”, comme nous l’avait rétorqué François Bayrou sur le plateau de i>TÉLÉ où nous lui avons présenté le graphique, ils n’en étaient pas moins tout aussi éloignés de la réalité.

L’autre grand classique est le calcul “à la volée” de l’impact d’une taxe. Invitée de Radio France Politique, Eva Joly a ainsi vanté les sommes mirifiques que récupérerait l’Union européenne en imposant une “taxe Tobin” :

Un taux de 0,005% pour la taxation des transactions financières dans la zone euro produit 172 milliards

Malheureusement pour la candidate d’Europe écologie-Les Verts, le calcul avait déjà été fait et à un taux bien supérieur : avec 0,1% d’imposition sur les mêmes transactions financières, la Commission européenne n’entrevoyait ainsi que 57 milliards par an de collecte, soit trois fois moins pour un taux vingt fois supérieur.

Vieilles de 12 ans

Les candidats ne vont parfois pas chercher aussi loin. Parfois, ils se contentent d’utiliser un “vieux chiffre à la mode”, répété à tort et à travers dans les enquêtes et les études sur un sujet. Bien que candidat le plus précis de la campagne de premier tour, Jean-Luc Mélenchon n’échappe pas à la règle quand il déclare sur France info :

80% des Smicards sont des smicardes !

Cette statistique, elle circule dans toutes les directions et depuis longtemps. Très longtemps. Au moins en 2000, puisque la source première de ce chiffre (rarement citée) est l’ouvrage de la sociologue et directrice de recherche au CNRS, Margaret Maruani, “Travail et emploi des femmes”, paru en mars 2000 aux éditions La Découverte. Or, il existe des études plus récentes dont les conclusions sont différentes. La dernière en date que nous ayons pu trouver remonte à 2006, mais peint un portrait fort différent des salariés payés en Smic : elle constate également une prépondérance de “smicardes”, mais elles représentent 56,% des salariés au Smic contre 43,6% pour les hommes. Au regard de cet écart, les chiffres vieux d’une année cité par Jean-Luc Mélenchon à Marseille quant aux accidents du travail suivis d’une incapacité permanente relèvent du petit oubli de mise à jour.


Illustration par Loguy pour Owni /-)

Posters réalisés par l’équipe du Véritomètre via le Motivator.

Les vérifications des interventions sont réalisées par l’équipe du Véritomètre : Sylvain Lapoix, Nicolas Patte, Pierre Leibovici, Grégoire Normand et Marie Coussin.
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Bayrou surtaxe la France http://owni.fr/2012/04/20/bayrou-surtaxe-la-france/ http://owni.fr/2012/04/20/bayrou-surtaxe-la-france/#comments Fri, 20 Apr 2012 16:45:02 +0000 Grégoire Normand http://owni.fr/?p=107108 OWNI. Deux jours avant le premier tour, le candidat du Modem est avant-dernier au classement OWNI-i>Télé de crédibilité des six principaux candidats à la présidentielle.]]> À deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’équipe du véritomètre a décidé d’arrêter la publication de ses vérifications des déclarations des six principaux candidats pendant le week-end. Le classement, qui ne bougera pas jusqu’à lundi, met en lumière la crédibilité des six candidats après deux mois de vérifications.

Seuls trois candidats dépassent la barre des 50 % : Jean-Luc Mélenchon, en tête depuis plusieurs semaines avec 63,3 % ; Eva Joly qui chute légèrement sur la dernière ligne droite, à 58,7% ; et François Hollande qui se stabilise à 54,5 %.

Le bas du classement se joue par contre dans un mouchoir de poche : Nicolas Sarkozy conserve la dernière place avec 43 %, François Bayrou passe avant-dernier avec 44,7 % et Marine Le Pen se classe quatrième avec 44,9 %.

Durant ces toutes dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 35 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

Bayrou surclasse la France

François Bayrou exagère la fiscalité des Français dans le classement européen. Lors de son passage à l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, mardi 17 avril, il a estimé que :

La France est le pays d’Europe qui paie le plus d’impôts.

Un superlatif qui donne tort au candidat du Modem. L’étude “Tendances de la fiscalité dans l’Union européenne (UE)“, publiée en juillet 2011 par la Commission européenne, précise que l’ensemble des impôts en France représente 41,6 % de son PIB en 2009 (dernières données disponibles). Ce qui classe la France au septième rang des pays de l’Union européenne qui payaient “le plus d’impôts”, loin derrière la première place proclamée par François Bayrou.

L’Afghanistan divise Sarkozy et Hollande

La guerre en Afghanistan a rarement été évoquée dans les débats de la présidentielle. Face à ce vide, le journaliste Jean-Jacques Bourdin a interrogé cette semaine Nicolas Sarkozy et François Hollande sur le nombre de soldats français morts en Afghanistan depuis 2001.

Dans l’émission du mercredi 18 avril, le président-candidat a déclaré :

Il y a eu 80 soldats tués en Afghanistan.

Alors que le candidat du parti socialiste affirme le lendemain dans la même émission :

On a perdu 83 soldats en Afghanistan.

Ces deux estimations sont proches, mais c’est François Hollande qui détient le chiffre exact, confirmé par le Ministère de la Défense : 83 militaires français sont morts en Afghanistan depuis 2001.

Marine Le Pen explose les prix

Invitée de la matinale de France Inter, jeudi 19 avril, Marine Le Pen s’est exprimée sur la hausse des prix :

les 2 % d’inflation par an que nous subissons de manière ininterrompue.

La candidate du Front National gonfle les chiffres officiels en omettant que le taux d’inflation est fluctuant. En effet, l’indice des prix à la consommation – correspondant à ce que l’on appelle communément l’inflation – a augmenté de 2,1 % en moyenne en 2011 en France, contre 1,5 % en 2010, 0,1 % en 2009, 2,8 % en 2008 et 1,5 % en 2007, soit une moyenne de 1,6 % par an entre 2007 et 2011 comme le démontre l’Insee.


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Premier tour des data journalists http://owni.fr/2012/04/20/une-presidentielle-en-donnees/ http://owni.fr/2012/04/20/une-presidentielle-en-donnees/#comments Fri, 20 Apr 2012 13:02:13 +0000 Pierre Leibovici et Grégoire Normand http://owni.fr/?p=107041 OWNI i>Télé, les journalistes de données de la rédaction ont vérifié près de 1300 citations des candidats à la présidentielle dès lors qu'elles s'appuyaient sur des éléments chiffrés - sur l'emploi, la sécurité, le commerce... De quoi en tirer quelques bilans sur l'utilisation générale du chiffre par l'homo sapiens en campagne.]]>

Premier bilan pour Le Véritomètre, l’application web de “fact-checking” politique (vérification des faits) à la française. En soixante-cinq jours, les cinq journalistes de données d’OWNI auront examiné un total de 1 191 déclarations chiffrées des six principaux candidats à l’élection présidentielle.

La rigueur du Véritomètre s’est imposée grâce à un barème strict, classant les déclarations des candidats selon trois critères (correct, imprécis et incorrect). En tenant compte de vos nombreuses remarques et suggestions. Car c’était aussi le défi de notre application : mettre en oeuvre une vérification citoyenne et participative des données.

Cadre

Au rang des surprises, vient d’abord le classement global de la crédibilité des déclarations chiffrées des candidats. Globalement, ils se trompent souvent. Sur la totalité des déclarations chiffrées que nous avons vérifiées, seules 40,2% sont correctes. 41,6% des déclarations chiffrées des candidats sont incorrectes et 18,6% se révèlent trop imprécises.

À l’échelle de chaque candidat, ce classement révèle aussi bien des disparités. Durant ces deux mois et demi de campagne, les candidats analysés n’ont pas pris les mêmes risques sur le plan des données. Nicolas Sarkozy caracole en tête des chiffres évoqués, 392, devant François Bayrou, 271 citations chiffrées, et François Hollande, 215. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ne s’éloignent que d’une citation, avec respectivement 164 et 163, loin devant Eva Joly, qui aura mené une campagne faible en chiffres, avec seulement 107 références chiffrées.

On pourrait croire à une différence de traitement des interventions médiatiques des six prétendants. Mais il n’en est rien : l’équipe du Véritomètre a vérifié entre 20 et 23 interventions pour chacun des candidats.

L’explication se trouve plutôt dans les stratégies de campagne de chacun, certains concevant le chiffre comme un argument imparable et indispensable pour tout rendez-vous médiatique, quand d’autres se reposent davantage sur les envolées de paroles. Pour preuve, Eva Joly a évoqué 3,7 fois moins de chiffres que Nicolas Sarkozy pour un même nombre d’interventions dans les médias vérifiées.

Le plus, le moins

Le “champion” des déclarations correctes est, à un cheveu près, le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Au total, 48,8% de ses estimations chiffrées s’avèrent éloignées de moins de 5% de la réalité (et sont donc considérées comme correctes selon notre barème), contre 48,6% pour Eva Joly. A l’inverse, la plus faible proportion de chiffres exacts revient à Marine Le Pen (28,8%).

Jean-Luc Mélenchon remporte également la palme des déclarations imprécises (éloignées entre 5 et 10% de la réalité selon notre barème), 20,1% du total de ses chiffres relevés par les journalistes d’OWNI, suivi de près par François Hollande (19,1% de déclarations imprécises). Avec 12,9% de chiffres imprécis, François Bayrou, affiche le plus faible taux d’imprécision des six candidats.

Moins réjouissant, le candidat du MoDem arrive également en tête des déclarations incorrectes, 43,5% des chiffres qu’il a évoqués s’avérant éloignés de plus de 10% de la réalité. Le moins “incorrect” des six est Jean-Luc Mélenchon, un quart (24,4%) de ses données étant erroné.

En valeur, c’est le président-candidat, Nicolas Sarkozy, qui compte le plus de déclarations à la fois incorrectes et exactes.

Rendez-vous de taille

Deux grandes émissions politiques auront marqué cette campagne : Parole de candidat sur TF1 et Des paroles et des actes sur France 2. A l’exception d’Eva Joly, qui fut invitée une seule fois sur France 2, les six candidats dont les propos ont été vérifiés par le Véritomètre ont obtenu la “parole” à trois reprises et sur un temps comparable, ce qui rend donc intéressante une comparaison de leurs prestations.

A l’image de la situation générale, c’est Nicolas Sarkozy qui arrive largement en tête du nombre de citations chiffrées, 173 en seulement trois rendez-vous. C’est six fois plus que Jean-Luc Mélenchon, qui s’est risqué à “seulement” 29 données.

Le verdict des citations ne reflète pas, quant à lui, la situation d’ensemble. Globalement, les candidats à la présidentielle ont tenu davantage de propos chiffrés incorrects lors de ces deux interventions télé. François Bayrou et Nicolas Sarkozy sont au coude-à-coude, avec respectivement 52 et 51,8% de déclarations incorrectes en trois émissions. La palme de l’imprécision revient à Marine Le Pen, tandis qu’Eva Joly – sur un nombre bien plus faible de déclarations cela dit – a été la plus juste des six, avec 64,7% de chiffres exacts.

Quant à savoir si le grand débat de l’entre-deux-tours reflétera les performances passées des deux candidats retenus, rendez-vous est donné dès le lendemain, sur OWNI bien sûr.


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Le terrorisme fantasmé de Marine Le Pen http://owni.fr/2012/04/19/le-terrorisme-fantasme-de-marine-le-pen/ http://owni.fr/2012/04/19/le-terrorisme-fantasme-de-marine-le-pen/#comments Thu, 19 Apr 2012 17:12:58 +0000 Pierre Leibovici http://owni.fr/?p=106951 OWNI. La candidate FN reste avant-dernière au classement OWNI-i>Télé de crédibilité des six principaux candidats à la présidentielle, devançant Nicolas Sarkozy de près d'un point.]]>

La gravité attire les six principaux candidats à la présidentielle présents dans le classement du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude de leurs déclarations chiffrées ou chiffrables.

Avec 43,4 % de crédibilité, Nicolas Sarkozy s’enfonce un peu plus à la dernière place, tandis que Marine Le Pen et François Bayrou jouent au coude-à-coude (44 % pour la candidate FN, 44,7 % pour celui du MoDem). Eva Joly perd quelques dixièmes de points et tombe à 58,7 %. Elle reste devant François Hollande (54,3 %) mais se détache un peu plus de la tête du classement, conservée par Jean-Luc Mélenchon avec 63,5 % de crédibilité.

Durant ces dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 41 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

Marine Le Pen islamise

Pour justifier l’amalgame entre immigration et terrorisme, rien ne vaut les chiffres. Et Marine Le Pen l’a bien compris. Dans la matinale de France Inter du 19 avril, tout en affirmant que “Mohammed Merah n’aurait pas été Français” si elle avait été aux affaires, la candidate FN a vu grand :

95 ou 97 ou 98 % des attentats qui sont commis aujourd’hui dans le monde entier sont le fait du fondamentalisme islamique !

A notre connaissance, le seul organisme officiel fournissant des données sur les attaques terroristes dans le monde vient des États-Unis. Il s’agit du Centre national du contre-terrorisme, qui classe notamment les attentats selon la nature de l’organisme revendicateur. L’équipe du Véritomètre a recensé les résultats pour l’année 2011 sur un graphique :

Et Marine Le Pen est très loin de la réalité. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2011, sur les 10 309 attaques terroristes ayant eu lieu dans le monde, 56,3% ont été revendiquées par des islamistes radicaux. Soit 68,7% de moins que l’estimation avancée par la candidate FN.

A une échelle réduite, celle de la France, il en va tout autrement. L’équipe du Véritomètre avait déjà vérifié les données sur les revendications d’actes terroristes en France en 2010 à l’occasion d’une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, dans un discours à Lille, le 27 mars. Sur les 84 actes terroristes recensés sur le sol français par l’agence Europol, aucun n’avait été revendiqué par un mouvement islamiste.

Le trop long contrat d’Eva Joly

Eva Joly place la fin de sa campagne sous le signe de la justice. Après avoir décrié – non sans un certain excès – le traitement fiscal de Liliane Bettencourt, la candidate Europe Ecologie – Les Verts s’en est prise aux Partenariats public-privé (PPP) dans les prisons à l’occasion de l’interview politique de Christophe Barbier sur i>Télé :

Il faut renouveler les bâtiments des prisons [...] mais les conditions dans lesquelles nous le faisons en France, en partenariats public-privé par exemple, qui grèvent nos budgets pour les 51 ans à venir, tout en assurant une rente à Bouygues, ne sont pas la bonne solution.

Les PPP pénitentiaires pointés du doigt par Eva Joly ont été institués par la loi du 22 juin 1987 relative au service public pénitentiaire. Une loi qui a permis de confier à un unique prestataire privé l’entretien et les services à la personne dans les établissements pénitentiaires, et qui fut effective à partir du début des années 1990.

La question n’est pas ici de savoir si ces PPP sont ou “ne sont pas la bonne solution”OWNI s’étant d’ailleurs souvent intéressé à la question -, mais plutôt de savoir si les contrats de délégation de service public dans les prisons peuvent effectivement durer “51 ans”.

La Cour des comptes s’est récemment intéressée aux PPP pénitentiaires, et notamment à leur durée. En lisant rapidement le rapport qu’elle a rendu en octobre 2011, on comprend que les contrats de PPP pénitentiaires déjà signés s’étendront au plus tard jusqu’en 2038. La période entre la date d’entrée en vigueur (1987) de la loi relative au service public pénitentiaire et 2038 dure bien 51 ans.

Sauf qu’aucun PPP pénitentiaire n’a été signé en 1987, les contrats venant à échéance en 2038 n’ayant débuté qu’en 2010, pour une durée donc, de 28 ans. Dans sa croisade contre les PPP, Eva Joly n’a donc pas hésité à exagérer les chiffres.

Jean-Luc Mélenchon en terrain accidenté

Pour son dernier grand discours en plein-air, en l’occurence sur la plage du Prado à Marseille, le 14 mars dernier, Jean-Luc Mélenchon s’est penché sur une donnée “dont on ne parle jamais” à son avis, les accidents du travail :

43 000 accidents du travail qui aboutissent à une invalidité totale.

Exact à 4,4% près, si l’on se base sur le rapport statistique 2011 (pages 2 et 3) de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Car, malgré une baisse par rapport à l’année 2009, 41 176 accidents du travail suivis d’une incapacité permanente sont intervenus en 2010 en France.


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Eva Joly défiscalise Bettencourt http://owni.fr/2012/04/18/eva-joly-defiscalise-bettencourt/ http://owni.fr/2012/04/18/eva-joly-defiscalise-bettencourt/#comments Wed, 18 Apr 2012 16:19:37 +0000 Marie Coussin http://owni.fr/?p=106689 OWNI-i>Télé de crédibilité des six principaux candidats à la présidentielle, Nicolas Sarkozy écope pour la première fois de la dernière place avec 43,4 % de crédibilité.]]>

Bouleversement depuis ce matin dans le classement du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à la présidentielle.

Nicolas Sarkozy atteint la dernière place, délogeant Marine Le Pen qui y était quasiment indétrônable depuis le lancement du Véritomètre (15 février 2012). Avec 43,4 % de crédibilité, le président-candidat reste proche de la candidate du Front national (44 %) et de François Bayrou (44,7 %). Peu de changement par contre dans le trio de tête : Jean-Luc Mélenchon garde une longueur d’avance avec ses 63,5 %, devant Eva Joly (59,2 %) et François Hollande (54,3 %).

Durant ces dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 36 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

Eva Joly s’occupe du contrôle fiscal

Lors de son interview sur France Info le 17 avril, Eva Joly s’est plongée dans l’histoire des contrôles fiscaux :

Je vous rappelle que madame Bettencourt n’a pas été contrôlée pour les impôts depuis 1995.

Trouver ce type d’informations pour un parfait inconnu aurait donné du fil à retordre à l’équipe des vérificateurs du Véritomètre. Fort heureusement pour nous, le dossier de madame Bettencourt a fait plusieurs fois les feux de l’actualité.

Ainsi, un rapport de l’Inspection générale des finances, publié en juillet 2010, précise, dans sa conclusion, que les informations obtenues dans le cadre du contrôle fiscal de François-Marie Banier, notamment de source judiciaire, n’étaient pas de nature à conduire l’administration à déclencher un examen de la situation fiscale personnelle de madame Bettencourt.

Cependant, l’hebdomadaire Marianne a révélé dans un article publié le 22 juillet 2011 sur son site, que le fisc français avait adressé à l’héritière du groupe L’Oréal, un redressement fiscal d’un montant de 11,35 millions d’euros au titre de l’impôt sur le revenu pour les années 2006 et 2007 et 17,64 millions d’euros au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune pour les années 2004 à 2007. Le “rappel” d’Eva Joly est donc inexact.

François Bayrou embellit Giscard d’Estaing

L’historique de la dette française intéresse décidement beaucoup les candidats à l’élection présidentielle. Alors que François Hollande évoquait un record “de toute l’histoire de la République” pour cette donnée, François Bayrou, invité de “Bourdin 2012″ sur BFM-TV le 17 avril, remontait quant à lui au début des années 1980 :

En 1981 le pays avait beaucoup de réserves : Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre avaient laissé un pays sans dette.

Le candidat du MoDem ne semble pas s’appuyer sur les mêmes données que l’Insee, dont les tableaux décrivent une réalité complètement différente.

Pour l’Insee le “déficit public” correspond au besoin de financement des administrations publiques. Ces dernières étaient en situation de capacité de financement en 1974 (+0,31 % de solde budgétaire) – année d’arrivée au pouvoir de Valérie Giscard d’Estaing. Entre 1974 et 1981, la France s’est trouvée en situation continuelle de déficit budgétaire, de sorte que la dette des administrations publiques au sens de Maastricht représentait 21 % du Produit intérieur brut (PIB) en 1981, comme le notait un rapport d’information du Sénat publié le 9 juin 1999.
Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre (Premier ministre de 1976 à 1981) n’ont donc pas laissé “un pays sans dette”, mais un pays, où, au contraire, la dette s’est aggravée.

François Hollande prend l’Italie pour l’Espagne

Invité de la deuxième soirée “Des paroles et des actes” de France 2 le 11 avril dernier, le candidat socialiste a rapporté avec attention la situation financière de nos voisins latins :

La crise de la zone (euro) frappe l’Espagne et l’Italie, où les taux d’intérêts ont augmenté.

C’est ce qui s’appelle un 50-50 ou un mélange des genres. L’OCDE publie en effet tous les mois le niveau des taux d’intérêt de ses pays membres. Pour l’Espagne, François Hollande est à peu près juste : les taux d’intérêts s’élevaient à 5,40 % en janvier 2012, 5,11 % en février et 5,16 % en mars. L’Espagne a donc bien vu ses taux d’intérêt augmenter sur les deux derniers mois. Ce qui n’est pas le cas de l’Italie : les taux d’intérêt passent de 6,54 % en janvier 2012 à 5,55 % en février et 5,05 % en mars 2012.


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Sarkozy brasse de l’éolien http://owni.fr/2012/04/16/sarkozy-brasse-de-leolien/ http://owni.fr/2012/04/16/sarkozy-brasse-de-leolien/#comments Mon, 16 Apr 2012 16:35:51 +0000 Pierre Leibovici et Grégoire Normand http://owni.fr/?p=106250 OWNI, le président-candidat a confondu le chantier éolien en France et en Europe... Au classement OWNI-i>Télé de la crédibilité des six principaux candidats à la présidentielle, Nicolas Sarkozy tombe à la dernière place, à égalité avec Marine Le Pen.]]>

A défaut de se croiser, les courbes se sont égalisées dans le classement quotidien du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à la présidentielle. Avec 44,4% de crédibilité, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ferment la marche de concert, tout près de François Bayrou (44,8%). Jean-Luc Mélenchon fait toujours la course en tête, son taux de crédibilité s’affichant à 62,7%.

Durant ces dernières 72 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 46 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

Nicolas Sarkozy ne manque pas d’air

32. C’est le nombre de “propositions pour une France forte” déclinées par Nicolas Sarkozy dans son programme. Parmi elles, une seule est en lien avec la protection de l’environnement : la [poursuite du] développement des énergies renouvelables”. Une situation sur laquelle le président-candidat a été interpellé lors d’une conférence de presse, le 5 avril dernier, par le journaliste de l’agence Reuters, Emmanuel Jarry :

Emmanuel Jarry : – Qu’en est-il du développement d’une énergie verte (…) ? Je n’en vois pas trace dans votre projet actuel (…).
Nicolas Sarkozy : – Vous dites qu’on a bien du mal à affecter le chantier éolien. Ah bon ? Le chantier éolien c’est 12 milliards d’euros.

Dans un article publié le même jour, le journal Le Figaro a compris par ces mots que Nicolas Sarkozy entendait parler de l’investissement éolien en France :

Nicolas Sarkozy a vanté son bilan en matière d’énergies renouvelables. Il a évoqué un “chantier éolien” à 12 milliards d’euros (…).

Comme n’importe qui aurait pu le comprendre. Sauf que le candidat UMP s’est plutôt attribué les investissements annuels du “chantier éolien”… de tous les pays de l’Union européenne.

Le ministère de l’Écologie et du Développement durable indique ainsi que le marché de l’éolien en Europe représente “12 milliards d’euros d’investissement par an, soit 1,2 million d’euros par MW installé”. Depuis, le chiffre a été révisé par l’European wind energy association à 13 milliards d’euros pour l’année 2010.

D’après la même European wind energy association, les capacités de production électrique du parc éolien français représentaient 5 970 mégawatts (MW) en décembre 2010. Si l’on s’en tient donc à l’estimation de “1,2 million d’euros [d’investissement] par MW installé” du ministère de l’Écologie, les investissements de la France dans l’éolien n’auraient de toute façon représenté que 7,164 milliards d’euros depuis la première éolienne – installée en juillet 1991 – jusqu’en 2010.

Très loin des “12 milliards d’euros” que Nicolas Sarkozy n’a eu aucun “mal à affecter” au “chantier éolien” français.

Eva Joly débranche trop vite

L’Allemagne laisse rêveurs la plupart des candidats à l’élection présidentielle. Et Eva Joly n’échappe à la règle. Dans l’émission Des paroles et des actes du mercredi 11 avril dernier, elle a ainsi vanté les mérites de la diminution de la consommation électrique outre-Rhin :

[Les Allemands] ont diminué leur consommation de 6%.

Trop beau pour être vrai. Le démenti provient du groupe de travail AG-Energiebilanzen, qui publie chaque année un tableau de bord sur les différents types de consommation énergétique en Allemagne. D’après sa dernière édition, la consommation brute d’électricité en Allemagne est passée de 610,4 TéraWatts-heure (TWh) en 2010 à 608,5 TWh en 2011. Soit une diminution de 0,3%.

Le modèle allemand n’apparaît donc pas si exemplaire pour sa quantité d’électricité consommée. Il en va autrement pour la nature de l’électricité produite en Allemagne en 2011 et qu’aurait pu évoquer la candidate écologiste. Car, comme le note l’Institut du développement durable et des relations internationales dans une étude parue le 5 mars dernier, le pays a produit davantage d’électricité de sources renouvelables (19,9% du total de l’électricité produite) que d’origine nucléaire (17,6%) en 2011.

François Bayrou reste en voiture

L’automobile sied décidément bien à François Bayrou, qui s’est une fois de plus exprimé à son sujet lors de l’émission Des paroles et des actes du jeudi 12 avril dernier. Habitué aux comparaisons internationales sur la production de véhicules, le candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) s’est cette fois-ci replié en France :

90 000 voitures de fonction dans l’Etat.

Correct, si l’on se fie au Conseil de modernisation des politiques publiques. D’après un document d’orientation publié en juin 2010, l’Etat compte 72 000 véhicules auxquels il faut ajouter 17 000 véhicules des opérateurs de l’Etat, c’est-à-dire des établissements publics, des groupements d’intérêt public et des associations, entre autres.

Au total, donc, l’Etat compte 89 000 véhicules, 1,1% de moins que le chiffre évoqué par François Bayrou.


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Eva Joly attaque la banque http://owni.fr/2012/04/13/eva-joly-attaque-la-banque/ http://owni.fr/2012/04/13/eva-joly-attaque-la-banque/#comments Fri, 13 Apr 2012 16:03:22 +0000 Marie Coussin http://owni.fr/?p=105794 OWNI et i>Télé. Morceaux choisis du passage d'Eva Joly.]]>

Énergie, économie, société : Eva Joly s’est largement appuyée sur ses fondamentaux mercredi lors de son passage à DPDA. Elle a cependant osé une comparaison étonnante alors qu’elle était interrogée par le journaliste François Lenglet sur le financement des 500 000 emplois qu’elle souhaite créer dans le secteur du “mieux-vivre ensemble” (places de crèches, prise en charge de la dépendance, etc.).

La prise en charge de la dépendance, en année pleine, c’est 8 milliards. Mais Dexia c’est combien ? C’est combien, la catastrophe Dexia ? Je vais vous le rappeler : pour une seule banque, le risque pour la Belgique et la France est de 20 milliards, plus 90 milliards de garanties. La moitié des 20 milliards c’est pour la France. Donc je vous dis, la dépendance coûte moins cher que Dexia.

En utilisant le terme de “risque”, Eva Joly évoque le coût que le démantèlement de la banque Deixa aurait fait peser sur ces Etats. Pierre Mariani, patron du groupe Dexia, a effectivement cité ce montant lors de son audition devant la commission spéciale du parlement belge, mais il concernait non pas deux pays mais les trois co-actionnaires de Dexia : la France, la Belgique mais aussi le Luxembourg.

Sur les 90 milliards de garantie, même imprécision dans le détail : le Projet de loi de finances rectificative pour 2011 fait effectivement mention d’une garantie totale de 90 milliards pour la banque Dexia. Mais dont 32,85 sont supportés par la France, 54,45 pour la Belgique et 2,7 milliards pour le Luxembourg.

Les chiffres bruts de 20 et 90 milliards sont donc corrects, mais le contexte est imprécis.

Des dépendances

La candidate s’en sort mieux dans l’évaluation de la dépendance, bien que le chiffrage précis de son coût ne soit pas chose aisée. Les experts réunis par le ministre des Solidarités et de la cohésion sociale pour le débat national sur la dépendance (dont les études ont été synthétisées dans un rapport datant de juin 2011) expliquent qu’il demeure des “données manquantes et (…) certaines faiblesses statistiques”.

On y apprend qu’il existe différentes définitions de la notion de “dépendance”, comme la “dépendance stricto sensu” qui correspond aux dépenses liées à la perte d’autonomie : APA (allocation personnalisée d’autonomie), exonération des cotisations sociales à domicile, tickets modérateurs, etc. Cette dépendance stricto sensu est évaluée à 8,3 milliards d’euros pour l’année 2010, soit le chiffre évoqué par Eva Joly, à 3,5 % près.

Dans l’estimation globale de cette mission, le rapport y ajoute les soins (14,5 milliards d’euros), l’hébergement (plus de 10 milliards d’euros), les dépenses spécifiques aux personnes âgées classées en seuil de dépendance GIR 5 et GIR 6 : 1,5 milliard d’euros. Ce qui fait monter la note à 34 milliards d’euros. La démonstration d’Eva Joly selon laquelle la dépendance coûterait moins cher que Dexia n’aurait pas pu se tenir avec de telles données.


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Bayrou moyen dans l’urgence http://owni.fr/2012/04/06/bayrou-moyen-dans-lurgence/ http://owni.fr/2012/04/06/bayrou-moyen-dans-lurgence/#comments Fri, 06 Apr 2012 15:44:48 +0000 Marie Coussin http://owni.fr/?p=105170 OWNI-i>Télé, où il reste à presque 15 points d'écart du premier, Jean-Luc Mélenchon.]]>

Les lignes évoluent, discrètement mais sûrement, dans le classement quotidien du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, en tête depuis plusieurs semaines, perd 0,5 point suite à la publication de son interview sur France Info où il réalise un score moyen (43 %). François Hollande chute encore davantage que son concurrent de gauche, avec 1,1 point. Dans le bas du classement, l’écart se resserre : Marine Le Pen monte à 43,7 alors que Nicolas Sarkozy n’est plus qu’à 44 %.

Au cours des dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 48 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

L’urgence coûte à François Bayrou

Le candidat du MoDem veut réorganiser les urgences. Un chantier important, explique-t-il, chiffres à l’appui, lors de son discours à Perpignan le 29 mars dernier :

Il y a 15 millions de personnes qui vont aux urgences tous les ans.

Le ministère de la Santé publie tous les ans le panorama des établissements de santé qui précise, entre autres, le nombre de personnes admises aux urgences en France métropolitaine. En 2007, elles étaient 16,4 millions, contre 17 millions en 2008 et en 2009 (dernières données disponibles), soit une moyenne de 16,8 millions d’entrées pour ces trois années. Avec ses 15 millions, François Bayrou laisse plus de 10 % de la population des urgences sur le carreau.

Son évaluation du coût d’une visite aux urgences, dans le même discours, fut plus payante :

L’urgence à l’hôpital est facturée 250 euros.

L’unique donnée publique que nous avons trouvée sur ce coût moyen est celui d’une urgence dans un Centre hospitalier universitaire (CHU) – et non dans l’ensemble des hôpitaux de France. Le chiffre provient d’un rapport de la Cour des comptes publié en 2007, qui l’évaluait alors à 262,86 euros. Faute de données publiques plus précises, l’estimation de François Bayrou peut être considérée comme exacte, à 4,9 % près.

Jean-Luc Mélenchon sous-paye les patrons

Jean-Luc Mélenchon ne met pas tous les dirigeants dans le même sac. Ainsi évoque-t-il la rémunération de ces derniers le 29 mars, alors invité de France Info :

Le salaire moyen d’un patron [dans une PME] c’est, dans le meilleur des cas, 4 000 euros.

Jean-Luc Mélenchon a raison… pour les dirigeants des TPE (très petites entreprises), c’est-à-dire de moins de 20 salariés. D’après une publication de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), s’appuyant sur une enquête de l’Insee publiée en décembre 2011, le salaire moyen d’un dirigeant de ce type d’entreprise s’élevait à 3 891 € mensuels.
Pour les PME – de 21 à 49 salariés -, la rémunération moyenne des patrons s’établit plutôt aux alentours des 6 297 € mensuels. Soit 40 % de plus que ce qu’évoquait Jean-Luc Mélenchon.

Eva Joly en touriste

La candidate d’Europe-Ecologie-Les-Verts s’est offert un petit détour du côté des frontières françaises le 23 mars dernier, lors de la matinale de France Info :

80 millions de touristes qui passent les frontières [de l'étranger vers la France].

Les dernières données du ministère du Tourisme lui donnent raison : la France a accueilli 76,8 millions de touristes internationaux en 2009, et 77,1 millions en 2010 selon l’Insee. Eva Joly voit les foules de touristes un peu plus fournies qu’en réalité (de 4 %) mais ses propos restent corrects.


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Sarkozy ne se voit pas vieillir http://owni.fr/2012/04/03/sarkozy-ne-se-voit-pas-vieillir/ http://owni.fr/2012/04/03/sarkozy-ne-se-voit-pas-vieillir/#comments Tue, 03 Apr 2012 20:29:17 +0000 Pierre Leibovici et Grégoire Normand http://owni.fr/?p=104672 OWNI / i>TELE , l'écart entre Marine Le Pen et le candidat sortant n'est plus que de 1,3 point. Or, c'est ici la place du candidat le moins crédible du Véritomètre qui se joue !]]>

Une fois n’est pas coutume, Marine Le Pen est la seule candidate à gagner des points dans le classement quotidien du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à l’élection présidentielle. Toujours premier, Jean-Luc Mélenchon perd 1,3 point après son intervention sur France Info le 29 mars dernier, tandis qu’avec 42,9% de crédibilité, Marine Le Pen se fait de plus en plus menaçante pour Nicolas Sarkozy, qui stagne à 44,2%. La plus lourde chute est pour le candidat MoDem, François Bayrou, dont l’indice perd 4,7 points en seulement un jour.

Au cours des dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 51 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits chiffrés qui ont retenu notre attention.

Trop-plein de vie chez Nicolas Sarkozy

L’heure est au recyclage des données pour le président sortant. Et surtout de celles qui ont servi d’arguments clés au cours de son quinquennat, comme l’augmentation de l’espérance de vie, très utilisée par la majorité pour justifier la réforme des retraites de novembre 2010. Ainsi, dans l’émission Parole de candidat du 12 mars dernier, comme lors de son discours du 2 avril à Nancy, Nicolas Sarkozy l’a martelé :

(…) Nous gagnons un trimestre d’espérance de vie par année.

L’évolution de l’espérance de vie à la naissance a fait l’objet d’une publication de l’Insee pour les années 1994 à 2011 : durant cette période en France, les hommes sont passés de 73,6 ans d’espérance de vie à la naissance à 78,2 et les femmes de 81,8 à 84,8 ans. Si on considère que les propos du candidat couvrent la période récente, il suffit de calculer la moyenne des gains d’espérance de vie entre 2001 et 2011 pour constater qu’hommes et femmes ne sont pas logés à la même enseigne quand il s’agit de bénéficier des progrès de la médecine : tandis que sur cette période, les hommes ont gagné en moyenne 3 mois et 8 jours d’espérance de vie chaque année, les femmes n’ont vu leur espérance de vie augmenter que de 2 mois et 5 jours.

Le gain moyen pour les deux sexes a été de 2 mois et 21 jours, soit 11% de moins qu’annoncé par Nicolas Sarkozy.

Eva Joly pointilleuse sur les particules

La donnée originale du jour vient d’Eva Joly, qui s’est exprimée sur un sujet peu mobilisateur en temps de campagne présidentielle, et d’ailleurs déjà traité par OWNI, les particules fines. Invitée de Jean-Jacques Bourdin lors de la matinale de RMC, vendredi 30 mars dernier, la candidate Europe-Écologie Les Verts a ainsi déclaré :

Cette situation [la pollution aux particules fines] qui nous coûte 7 ou 8 mois [d'espérance] de vie (…)

Le bilan de la qualité de l’air pour l’année 2009 [PDF] publié en juillet 2010 par le ministère de l’Écologie et du Développement durable précise justement “cette situation”. Reprenant une étude européenne réalisée pour le programme CAFE (Clean air for Europe), le document indique (page 25) que plus de 40 000 décès survenus en France en 2000 étaient en relation avec l’exposition chronique aux PM2,5 (seuil toléré par l’Organisation mondiale de la Santé pour les particules fines de diamètre inférieure à 2,5 micromètres), liés à l’activité humaine.

Soit une perte moyenne d’espérance de vie de 8,2 mois, en conformité avec les propos d’Eva Joly.

François Bayrou à l’affût sur la pauvreté

Tantôt obsolètes, tantôt tout juste sorties de terre : ainsi va la vie des données utilisées par les candidats durant cette élection présidentielle. Dans le discours qu’il a prononcé à Perpignan le 29 mars dernier, François Bayrou a opté pour la deuxième catégorie :

Ce matin, comme vous le savez, est sortie une étude qui montre que, en France, nous avons, désormais, 11 millions de pauvres.

Bien informé, le candidat MoDem a fait référence au rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale [PDF] – un organisme public créé en juillet 1998 – publié le jour même de ce discours.

L’étude confirme (page 103) le constat de François Bayrou : en 2010, 11,2 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté monétaire ou appartenaient à un ménage en très faible intensité d’emploi en France.


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Sarkozy manque d’excellence http://owni.fr/2012/03/30/veritometre-sarkozy-manque-internats-excellence/ http://owni.fr/2012/03/30/veritometre-sarkozy-manque-internats-excellence/#comments Fri, 30 Mar 2012 16:21:22 +0000 Marie Coussin http://owni.fr/?p=104200 OWNI - i>TELE , juste devant Marine Le Pen.]]>

Peu de mouvement ce jour dans le classement du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon continue la course en tête avec 63,4 % de crédibilité tandis que Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen restent englués dans le bas du classement, avec respectivement 43,8 et 41,6 % de crédibilité.

Ces dernières 24 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 28 citations chiffrées des candidats à la présidentielle. Résumé des quelques faits chiffrés qui ont retenu notre attention.

Nicolas Sarkozy en interne

Le Président-candidat est fier de ses internats d’excellence, établissements créés sous son mandat (en 2008) par le ministère de l’Éducation nationale, et adaptés aux collégiens, aux lycéens et aux étudiants en difficulté scolaire. Il cite leur bilan à plusieurs reprises.

Lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2 le 6 mars :

On va vers les 20 000 places en internat d’excellence.

Puis à l’occasion de l’émission Parole de candidat sur TF1 le 12 mars :

Nous avons créé les internats d’excellence [...] 20 000 places.

Il évoque de nouveau ce sujet lors de son meeting de Nantes, le 27 mars. Les termes employés ne sont pas strictement similaires – il parle désormais d’“enfants” et non plus des “places” – mais ils recouvrent la même réalité. Le chiffre évoqué, lui, est divisé par deux :

Les internats d’excellence (…) qui concernent aujourd’hui 10 000 enfants.

Dans ces estimations, le Président-candidat joue sur les mots. Il sous-entend tout d’abord que les 20 000 places ont déjà été créées ou le seront dans un futur proche : or ce chiffre constitue, selon le ministère de l’Education nationale et l’Agence de rénovation urbaine, un objectif affiché à horizon 2015. Et concerne des places labellisées “internat d’excellence” qui peuvent donc être créées dans des internats “conventionnels” .

L’imprécision se retrouve aussi dans le nombre d’élèves concernées par cette mesure. A la rentrée 2011, 10 300 élèves disposaient d’une place labellisée “internat d’excellence” dans un internat “conventionnel”. Mais seuls 2 400 étudiaient dans un “internat d’excellence”.

Eva Joly bien logée

La candidate d’Europe-Écologie Les Verts s’intéresse à un autre type de logement que les internats d’excellence, et avec plus de succès que son concurrent de l’UMP. Invitée de la Matinale de Canal+ le 27 mars, elle expliquait :

[Un logement basse consommation] ça coûte légèrement plus cher. Ca coûte 15 % environ plus cher.

L’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (Ademe), qui travaille entre autres sur le label “Bâtiment basse consommation”, donne raison à la candidate : le coût médian de construction des bâtiments neufs observés dans le cadre du PREBAT (mis en place par le Gouvernement en 2004 et qui vise à aider la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement) se situe à 1 450 euros HT/m2, “soit un surcoût d’environ 15 % par rapport au coût moyen de la construction.”

Hollande précise les chômeurs

Une des difficultés que nous rencontrons dans nos vérifications est la très forte utilisation par les candidats du nombre de “chômeurs” alors même que cette définition statistique n’existe pas. L’organisme de référence, la Dares, comptabilise uniquement le nombre de demandeurs d’emploi, selon différentes catégories.

François Hollande, lors de son discours à Boulogne-sur-Mer, le 27 mars dernier, a fait un effort pour préciser ses propos. Il a ainsi énoncé :

Et si on veut prendre, uniquement, celles et ceux qui n’ont aucune activité et qui demandent un emploi. Il y a près de trois millions qui sont dans cette situation.

François Hollande fait ici référence à la catégorie A des demandeurs d’emploi, qui sont ceux étant en recherche active d’emploi et déclarés sans activité. Et son estimation est exacte, à 3,4% près : d’après les dernières données disponibles, les demandeurs d’emploi de cette catégorie étaient 3,1062 millions en février 2012.


Les vérifications des interventions sont réalisées par l’équipe du Véritomètre : Sylvain Lapoix, Nicolas Patte, Pierre Leibovici, Grégoire Normand et Marie Coussin.
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